Fer de lance de la mémoire
Jusqu'au 19 avril, le musée de Wiesbaden accueille l'exposition "Speerspitzen der Erinnerung" (fers de lance de la mémoire), qui invite à s'interroger sur la responsabilité dans la gestion de l'héritage colonial.
Jusqu'au 19 avril 2026, le musée de Wiesbaden présente, avec l'exposition d'étude "Speerspitzen der Erinnerung" (fers de lance de la mémoire), les résultats de ses propres recherches de provenance sur les collections de l'ancienne colonie allemande au Cameroun. Il s'agit d'une part des voies d'acquisition des objets et des collectionneurs qui se cachent derrière, mais aussi de la question de savoir comment l'héritage colonial est géré du point de vue du Cameroun actuel.
Des dizaines de milliers d'objets provenant des anciennes colonies sont stockés dans de nombreux musées allemands. Rassemblés par des explorateurs, des commerçants, des soldats et des touristes, ils reflètent d'une part l'intérêt pour le vaste monde en dehors de l'Europe, pour l'étranger et l'exotisme à une époque bien antérieure aux médias de masse et à l'éducation accessible à tous. Mais d'autre part, nombre de ces pièces sont le résultat de conquêtes, d'exploitation et d'ignorance raciste, au cours desquelles les colonisateurs étaient indifférents au fait que les pièces acquises aient été retirées à juste titre de la propriété des sociétés d'origine.
L'exposition d'étude présente les collections ethnologiques et d'histoire naturelle remises au musée de Wiesbaden par les collectionneurs Justo Weiler et Carl Feldmann dans la première moitié du 20e siècle. En tant que membres de grandes sociétés de plantation, ils étaient impliqués dans les structures économiques coloniales et collectionnaient des pièces du Cameroun pour diverses ambitions. La mise en valeur de ces fonds s'inscrit dans le cadre d'un ensemble de mesures prises par le gouvernement du Land de Hesse qui, en créant un poste de coordination pour le traitement des biens de collection issus de contextes coloniaux dans les institutions du Land de Hesse et dont le siège se trouve au musée de Wiesbaden, soutient non seulement la recherche de provenance correspondante, mais aussi sa communication au public.
Parallèlement, le musée de Wiesbaden coopère avec Dr. Moris Samen et l'association dekasa e.V. En établissant un lien avec la diaspora camerounaise et en proposant un programme d'accompagnement avec des ateliers et des visites spéciales, l'exposition doit contribuer à faire du musée non seulement un lieu de rencontre avec l'art et la nature, mais aussi un lieu de rencontre entre les personnes et les cultures.
L'exposition est soutenue par la fondation Alfred Weigle. hr2 est un partenaire culturel.
Un programme d'accompagnement est prévu avec des ateliers, des visites spéciales et des conférences en soirée.
