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Poison - Des dons mortels

Du 20 mars au 4 avril 2027, le musée de Wiesbaden consacre une grande exposition de sciences naturelles et culturelles au toxique.

Vue de l'exposition avec le dragon de Komodo.
Vue de l'exposition avec le dragon de Komodo

Cette exposition consacrée aux sciences naturelles et culturelles rassemble des perspectives très variées : elle présente non seulement l'impressionnante diversité des organismes toxiques, mais met également en lumière la manière dont l'homme utilise les substances toxiques. Un aperçu du domaine médical montre clairement que les poisons peuvent non seulement tuer, mais aussi guérir. De nombreux médicaments sont à base de substances initialement toxiques – comme la digitoxine issue de la digitale. Paracelse ne pouvait donc pas manquer à l'appel, lui qui affirmait autrefois : « Tout est poison et rien n'est sans poison ; seule la dose fait qu'une chose n'est pas un poison. »

L'exposition annuelle des collections d'histoire naturelle du musée repose sur deux piliers : dans la première section – « Poison et nature » – on trouve des représentants toxiques bien connus tels que le cobra et le scorpion. On y découvre également des organismes dont la toxicité peut surprendre. Le plumplori, seul primate venimeux, protège ses petits en frottant son venin sur leur fourrure. L'ornithorynque possède lui aussi un éperon venimeux, mais celui-ci n'est présent que chez les mâles, qui l'utilisent lors de combats contre des mâles rivaux. L'exposition aborde également les questions suivantes : qu'est-ce que le venin au juste ? Comment les venins sont-ils apparus au cours de l'évolution ? Quel est l'avantage d'être venimeux ? Et y a-t-il aussi des inconvénients ?

Une méduse géante grandeur nature et un moulage de varan de Komodo ont notamment été réalisés au musée spécialement pour l'exposition. Le service de taxidermie a créé des œuvres exceptionnelles avec une grande précision. La méduse géante incarne le summum parmi les animaux venimeux. Son venin puissant peut entraîner la mort en quelques minutes au contact de ses tentacules. Le varan de Komodo, en revanche, a longtemps été un mystère.  On pensait que sa morsure était à l'origine d'une infection bactérienne. On sait aujourd'hui que des glandes situées dans la mâchoire inférieure contiennent un venin.

À l’instar de la grenouille venimeuse, qui stocke le venin de sa nourriture dans sa peau, ou du poisson-clown, qui cherche refuge entre les tentacules de l’anémone de mer, l’homme sait lui aussi utiliser les venins de son environnement à ses propres fins – et en développer de tout nouveaux. La deuxième partie de l’exposition – « L’homme et le venin » – met en lumière l’histoire culturelle du venin. En partant des peuples indigènes qui utilisent des substances toxiques pour la chasse, à des fins rituelles ou pour s'enivrer, nous portons notre regard sur le passé et le présent. Pesticides dans les champs, arsenic dans les papiers peints, ciguë dans un verre, principes actifs dans les comprimés. Les poisons sont complexes ; en soi, ils ne sont ni bons ni mauvais.

Les pesticides nuisent massivement aux insectes et déciment considérablement la vie du sol, et pourtant, ils contribuent aussi à remplir nos assiettes et nos estomacs à des prix abordables. Mais pour combien de temps encore ? L'exposition accorde une attention particulière à l'utilisation pharmaceutique de substances toxiques : la belladone, la digitale, le lézard à croûte et les escargots cônes. Leurs composants toxiques ont servi de point de départ au développement de médicaments, comme un analgésique issu du venin de l'escargot cône ou, dans le cas du lézard à croûte, un médicament contre le diabète. Symbole de la pharmacie, l'armoire de pharmacien bien remplie, élément de l'exposition, invite également, avec ses 45 tiroirs, à découvrir quelles substances étaient autrefois disponibles en pharmacie à des fins thérapeutiques.

De plus, une station multimédia permet d'étudier les effets de différents poisons sur le corps. Et certains objets exposés peuvent même être touchés, comme l’araignée en cuir de deux mètres de haut, spécialement construite pour l’exposition, ou le moulage d’une dent de narval. Celle-ci n’est certes pas toxique, mais considérée comme une « corne de licorne », on lui attribuait au XIIe siècle des pouvoirs magiques censés protéger contre l’empoisonnement.

L'exposition s'accompagne d'un programme complet : par exemple, une collaboration avec la Caligari FilmBühne de Wiesbaden est consacrée au thème du poison au cinéma (18 septembre 2026, 18 janvier 2027), tandis que le thème de l'exposition sera le mot d'ordre d'une soirée organisée le 25 avril au Schlachthof Wiesbaden.

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