Soins des couvées - l'amour sans mots
L'exposition temporaire du musée de Wiesbaden présente jusqu'au 10 janvier 2027 le spectre des soins parentaux - de la ponte aux soins à long terme.
Tout être vivant commence sa vie dans un état de vulnérabilité, et dans le règne animal, la question de savoir combien de temps et d’énergie consacrer à la génération suivante se pose sans cesse. L'exposition présente des espèces qui, après la ponte, laissent leurs petits livrés à eux-mêmes, ainsi que celles qui les surveillent, les portent, les nourrissent, les défendent ou restent à leurs côtés pendant longtemps afin qu'un petit puisse survivre et s'affirmer.
Chez le maleo (Macrocephalon maleo), par exemple, les soins sont littéralement au bon endroit : les parents enfouissent leurs œufs dans le sable chauffé par l'activité volcanique ou sur les plages ensoleillées de l'île de Sulawesi et laissent l'environnement se charger de l'incubation. Le poussin se fraye seul un chemin vers la lumière du jour et est livré à lui-même dès le premier instant. Ici, les « soins parentaux » résident dans le lieu, le timing et la construction du nid.
Le grimpeur d'arbres à deux points (Ranitomeya imitator) fonctionne tout autrement. Chez cette petite grenouille dendrobate de la forêt tropicale péruvienne, la parentalité devient une coopération. Le mâle surveille les œufs et les maintient humides. Après l'éclosion, il transporte les têtards un par un vers de minuscules flaques d'eau situées dans les aisselles des feuilles ou les cavités des arbres. La femelle revient régulièrement vers ces nurseries pour nourrir sa progéniture avec des œufs non fécondés. C'est ainsi que se forme, au fil des semaines, un réseau dispersé de lieux d'élevage, une image de la parentalité chez les amphibiens qui bouleverse les idées reçues.
Les oiseaux remettent eux aussi ces idées en question. Chez le nandou (Rhea americana), c'est le mâle seul qui se charge de l'élevage. Il construit le nid, couve les œufs et élève les poussins pendant des mois. Les petits se mettent très tôt à marcher, mais le père les rassemble, les met en garde, les met à l'abri et s'interpose entre le danger et sa progéniture. Les tâches semblent familières, seule la répartition des rôles surprend.
Dans certains cas particuliers, les soins se mesurent avant tout en temps. Chez le manchot royal (Aptenodytes patagonicus), s'occuper de ses petits est un véritable marathon. L'œuf ne repose pas dans le nid, mais sur les pattes, sous un repli cutané chaud. Les parents se relaient. L'un réchauffe et protège, l'autre part chercher de la nourriture en mer. Ici, les soins consistent à attendre, à persévérer et à revenir, parfois pendant des semaines sans manger.
Chez le paresseux à gorge blanche (Bradypus tridactylus), les soins se traduisent par une proximité physique. Le petit s’accroche fermement et voyage sur le dos de sa mère à travers la cime des arbres. Son corps est à la fois un moyen de transport, un camouflage et une source de chaleur, un lieu sûr dans un monde qui ne permet guère de s’enfuir rapidement. Ce n’est qu’au bout de six mois que ce lien étroit se desserre lentement.

