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Encyclopédie de la ville

Installations de Reisinger (anciennement installations de Reisinger et Herbert)

Installations Reisinger et Herbert, vers 1965
Installations Reisinger et Herbert, vers 1965

Les installations de Reisinger, situées en face de la gare centrale, (S'ouvre dans un nouvel onglet) doivent leur naissance aux dons généreux du commerçant Hugo Reisinger (S'ouvre dans un nouvel onglet) et du pharmacien Adam Herbert (S'ouvre dans un nouvel onglet). Sur le terrain ou à proximité immédiate se trouvait une usine à gaz ainsi que la gare du Taunus, la gare du Rhin et la gare Ludwig de Hesse.

Après la construction de la gare centrale, ces bâtiments ont été démolis et le site est devenu une friche industrielle. Lorsque Reisinger fit don de 25.000 $ à la ville en 1913 pour la construction d'une fontaine, plusieurs sites furent d'abord envisagés, mais le terrain de l'ancienne vallée du Salzbach fut finalement retenu. La Première Guerre mondiale en (S'ouvre dans un nouvel onglet) a retardé la réalisation, qui n'a été reprise qu'à la fin des années 1920.

Installations Reisinger et Herbert, env. 1935
Installations Reisinger et Herbert, env. 1935

À l'issue d'un concours organisé en 1931, l'architecte paysagiste Friedrich Wilhelm Hirsch, l'architecte Edmund Fabry et le sculpteur Arnold Hensler ont été désignés lauréats. L'objectif principal était de mettre à nu le terrain. Il s'agissait également de créer une fontaine dont les jets jaillissants, semblant « jaillir pour ainsi dire du sol de la prairie », symboliseraient les sources thermales. Un canal longeant l’allée principale débouche sur un bassin orné d’une sculpture en marbre représentant une nymphe des sources à genoux, œuvre de Hensler. En 1932, le complexe fut ouvert au public.

Les espaces restants abritaient des terrains de sport et des jardins familiaux. En 1936, il fut décidé d’utiliser les fonds offerts par le pharmacien Herbert pour l’agrandissement du parc Reisinger. La réalisation du parc fut à nouveau confiée à Friedrich Hirsch, tandis que l’architecte Ernst von den Velden créa une colonnade et que le sculpteur stuttgartois Ludwig Spiegel réalisa la sculpture monumentale en calcaire coquillier représentant Europe chevauchant le taureau. La conception de ce parc, avec sa galerie pseudo-antique, fait référence au national-socialisme. La sculpture en calcaire coquillier, qui pèse 1,5 tonne, reprend notamment des éléments stylistiques typiques de l’esthétique nazie. L’ancien parc Herbert servait ainsi, par son iconographie, à illustrer le sentiment de communauté prôné au sein de la « communauté populaire » nazie locale. On reconnaît déjà dans sa conception l’influence du nazisme, qui se manifeste par un style d’illustration délibérément plat et statique, associé à la technique du sgraffite, visant à souligner la conception artisanale et solide de cette peinture monumentale liée à l’architecture. Le « parc de l’Europe » – ou parc Herbert – constitue, avec son « programme européen » ambitieux, une exception iconographique en Allemagne. Il a vu le jour l’année où les premières représentations officielles de l’« Europe » par le fascisme allemand ont fait leur apparition.

Le nouveau parc, doté d’une salle des pas perdus et d’un grand plan d’eau, fut inauguré le 6 juillet 1937. Outre le donateur, Adam Herbert, le maire du NSDAP, Erich Mix, qui avait convié les invités à la cérémonie, prononça un discours solennel. Le programme fut agrémenté par l’orchestre de la station thermale. Étaient présents les principaux représentants municipaux ainsi que des dignitaires de haut rang du NSDAP, de la SS, de la SA, du NSKK, de la Jeunesse hitlérienne et du BDM.

Après la Seconde Guerre mondiale (S'ouvre dans un nouvel onglet), les troupes américaines ont utilisé cet espace comme parking. À partir de 1950, la restauration du parc a été entreprise. Adam Herbert a débloqué des fonds supplémentaires pour la création de la fontaine de Diane devant les Rhein-Main-Hallen (S'ouvre dans un nouvel onglet).

Aujourd’hui, le parc sert d’espace de détente et de jeux, ainsi que de lieu pour des manifestations en plein air. Dans le cadre de la construction d’une crèche voisine ainsi que des Rhein-Main-Hallen, les sites contaminés ont été assainis par l’enlèvement des vestiges de l’usine à gaz enfouis dans le sol, et l’espace vert historique d’une superficie d’environ 3,4 ha a été restauré dans le respect des critères de conservation du patrimoine.

La commission d’experts en histoire, créée en 2020 sur décision du conseil municipal afin d’examiner les voies de circulation, bâtiments et installations de la ville de Wiesbaden portant le nom de personnes, a recommandé le changement de nom du « Herbert-Anlage » en raison des liens d’Adam Herbert avec le régime nazi. Le conseil de quartier compétent de Wiesbaden-Mitte a suivi cette recommandation et a décidé, le 1er février 2024, que l’on pouvait renoncer à l’appellation « Herbert-Anlage ». Le conseil de quartier a demandé à la municipalité que la « Herbert-Anlage » soit intégrée à la « Reisinger-Anlage », qui la jouxte au sud. La plaque commémorative doit être replacée dans son contexte.

Le retrait du nom d’Adam Herbert pour le parc Herbert et l’intégration du parc Herbert dans le parc Reisinger ont été décidés par le conseil de quartier compétent de Wiesbaden-Mitte le 1er février 2024. Cette décision a été mise en œuvre par arrêté de la municipalité du 24 mars 2026.

[Le présent texte a été rédigé en 2012 par Martina Clair Michel pour la version imprimée du Stadtlexikon Wiesbaden, puis révisé et complété en 2024 par le Dr Katherine Lukat.]

Littérature

Franke, Nils M. : Expertise sur le développement historique des installations Herbert Reisinger de Wiesbaden, contribution à l'ouvrage sur l'entretien du parc, Wiesbaden 2007.

Sigrid Russ, Bearb., Denkmaltopographie Bundesrepublik Deutschland. Monuments culturels en Hesse. Wiesbaden I.2 - Extensions urbaines à l'intérieur du périphérique. Ed. : Landesamt für Denkmalpflege Hessen, Stuttgart 2005 [p. 150 et suivantes].

Liste de suivi

Explications et remarques

Crédits photographiques